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"LE CABINET DES CURIOSITÉS"
Ces pages sont consacrées à des aspects méconnus, rares, insolites de notre destination touristique.

Un seul est parti
Nouvelle
Une souris mélancolique me regarde pendant que je fais la vaisselle. Il y a quelques jours déjà qu'elle sort du tas de bois que j'ai monté devant la fenêtre, et qu'elle me regarde à travers la vitre. Elle a dû faire son nid entre les bûches, et lorsqu'elle entend l'eau de mon évier couler dehors, elle grimpe tout en haut du tas, et ses yeux gris m'évoquent la mélancolie.
C'est avec ce tas de bois que je commencerai à me chauffer cet hiver, car il est plus exposé à la pluie que celui que j'ai monté derrière la maison. J'espère que lorsqu'elle le verra diminuer, elle ira se faire un nid ailleurs. Dans sa tête de souris pour le moment, son instinct lui dit certainement de ne plus s'inquiéter pour l'hiver. Son instinct se trompe, car il ne sait pas que ce bois est à moi, et que bientôt, je m'en servirai. Mais je ne peux pas changer ce que j'ai prévu pour une souris. Je ne peux pas non plus laisser la porte entrouverte et la laisser entrer dans la maison. Mes provisions sont calculées. J'ai coché les jours d'hiver sur le calendrier. J'ai dépensé presque tout mon argent pour ces provisions. Si la souris venait à entrer dans un paquet de pain de mie, je ne mangerais pas de pain pendant deux jours. Et si elle se faisait un nid dans mes haricots, il faudrait que je les trie, et que j'en jette une bonne partie, et même ensuite je ne serais pas sûr de manger des haricots propres et sains. Il faudrait qu'elle me jure de ne rien manger de mes provisions pour que je la laisse rentrer cet hiver dans la maison.
Comment risquer d'avoir faim pour une souris. À une époque de ma vie, j'ai eu faim, et même si cette époque est lointaine et révolue, elle est toujours là tapie dans un coin de ma tête et dans mon estomac. J'ai connu pas mal de choses dans ma vie, et beaucoup sont parties avec le vent, et il n'en reste presque rien. La rage et le désespoir, le froid et le chagrin, ont un jour frappé à ma porte, et je les ai presque oubliés, mais pas la faim.
Et je ne peux compter que sur mes provisions. J'ai eu tort de croire que la mer pourrait me faire économiser des repas, me faire gagner des jours en plus sur le calendrier, au-delà des jours d'hiver. Pendant un temps j'ai compté sur les coquillages. Plusieurs fois je suis allé sur la plage, j'ai creusé un peu partout, mais je n'en ai jamais trouvé un seul. Alors je me suis tourné vers les poissons. Un jour j'ai creusé un bassin assez profond pendant que la marée descendait. Puis j'ai attendu qu'elle remonte et qu'à nouveau, elle redescende, en espérant qu'un poisson soit resté prisonnier dedans. Bien sûr le bassin était vide. Je n'en ai pas éprouvé une grande tristesse, car j'ai mes provisions. Mais j'ai ressenti une espèce de menace, comme si j'avais été assis au pied d'un mur branlant. Penché sur ma pelle, regardant le trou d'eau, je me suis senti songeur, et au bout d'un moment je me suis senti plus seul que d'habitude. On aurait pu croire, en me regardant, que j'espérais trouver un poisson, non pas pour me nourrir, mais pour me tenir compagnie. J'ai attendu que ça passe, tourné vers la maison au loin, là où étaient rangées mes provisions. Je me suis retenu d'y aller pour les voir et les compter. Je le fais assez régulièrement déjà.
Je n'ai personne à qui parler ici, si bien que je parle à la souris. Je ne lui dis rien d'extraordinaire, et de toute façon elle n'entend rien derrière la vitre. Il m'arrive de faire durer ma vaisselle, ou même, lorsqu'elle est finie, de laisser couler l'eau. Ainsi elle ne retourne pas tout de suite à l'intérieur du tas de bois. Je reste debout devant l'évier et je continue à lui dire des choses qu'elle n'entend pas.
C'est la nuit que j'aurais besoin d'elle. J'entends le ressac, et parfois le vent. J'entends battre mon cœur et je voudrais le dire à quelqu'un. La nuit, ma peur entre dans la maison et vient s'asseoir sur mon lit. J'entends alors la mer le vent et mon cœur et j'ai du mal à retrouver le sommeil. Je compte les battements de mon cœur. Mon regard s'en va dans la nuit vers mes provisions. Je veux me rendormir avant que surgisse la lumière blanche du matin.
Hier, en fin d'après-midi, je suis monté sur le toit. Je voulais vérifier l'état des bardeaux, changer ceux qui le demandaient, et me retirer ce souci avant les pluies d'hiver. Je les ai vus alors. Le gros homme et l'autre très grand qui marchait derrière lui si près, que lorsqu'il levait le bras, il lui touchait l'épaule. Ils marchaient sur la lande jaune, vers la mer. Ils étaient loin, mais l'air était vraiment transparent hier, si bien que je pouvais tout voir, sauf l'expression de leurs visages. L'homme qui marchait en second se retournait souvent pour regarder derrière lui, puis levait le bras pour toucher l'épaule du gros homme devant lui. J'ai compris que c'était une façon de l'encourager à avancer, et tout de suite après, j'ai compris qu'ils étaient l'un et l'autre à bout de forces, et que s'ils en avaient eu encore un peu, ils auraient couru.
Ils étaient les points les plus hauts sur l'horizon vide de la lande et de la mer, et rien d'autre qu'eux là-bas ne bougeait. Par moments, l'un ou l'autre chancelait. Le gros homme est presque tombé. L'autre l'a rattrapé et l'a aidé à repartir, et pendant un instant ils ont marché côte à côte. La distance qui me séparait d'eux et l'air transparent rendaient le silence stupéfiant. Soudain le gros homme a continué à marcher seul, car l'autre s'était arrêté et il regardait derrière lui. La dizaine d'hommes qui au loin venaient d'apparaître couraient, serrés les uns aux autres, là vers où le soleil rougissait en déclinant. Ils couraient si serrés les uns aux autres qu'ils ressemblaient depuis mon toit, à un seul animal, mû par une seule volonté et une seule intention. Pendant un instant, je l'ai pris pour moi, je veux dire ma poitrine s'est serrée. Le soleil dans les yeux, ne voyant plus très bien, il m'a semblé que c'était dans ma direction qu'il courait. Comme si soudain cet animal m'avait reconnu dans le soleil couchant, qu'il était soudain devenu la somme et le résultat de toutes mes peurs. Je me suis laissé glisser sur les bardeaux et me suis caché derrière la faîtière, respirant comme si moi-même je venais de courir. Mais c'était dans la direction des deux autres qu'il allait.
Le gros homme avait atteint la plage. L'autre avait repris sa course. Il a atteint lui aussi la plage. Il s'est penché sur le gros homme qui s'était agenouillé dans le sable. Malgré la distance, je savais qu'il lui parlait. Et tandis que la petite troupe se rapprochait et se rapprochait, il a encore pris le temps de s'accroupir afin de lui parler le plus près possible. Mais ce qu'il lui a dit pour l'aider, seul le vent s'en souviendra. Moi, je savais seulement que c'était sans espoir. Puis il s'est redressé et, se dirigeant vers la mer d'une démarche princière, il a encore une fois regardé par-dessus son épaule, vers le gros homme. Puis il est entré dans l'eau, en écartant les bras. Il a continué à marcher, et lorsque l'eau lui a touché les bras, il a commencé à nager vers le large, tandis qu'au même moment la petite troupe atteignait et entourait le gros homme toujours agenouillé dans le sable. Alors je n'ai plus eu le courage de les voir, car je connais un peu la vie. Mon cœur m'a dit de ne plus regarder l'homme nageant vers l'horizon vide de la
mer, ni l'autre agenouillé dans le sable, prisonnier à nouveau. Je me suis laissé glisser derrière la cime du toit et j'ai fermé les yeux. Ma joue touchait les bardeaux de bois. Ils ont gardé l'odeur des forêts. Je sentais contre ma joue qu'ils sont striés et durs comme le fer, car les pluies ont depuis longtemps usé tout le bois tendre. J'ai attendu ainsi, les yeux fermés, et mes pensées allaient vers des forêts, revenaient et cherchaient alors à bondir au-dessus du toit pour aller vers l'homme qui nageait vers le large, mais je les forçais à retourner vers les forêts.
Au bout de longues minutes, j'ai passé la tête au-dessus de la faîtière. Tous avaient disparu. Plus rien ne bougeait sur la lande et sur la mer. Le soleil touchait la terre. La mer et la lande brûlaient et, haut dans le ciel, Vénus venait d'apparaître, toute pâle encore.
Hubert Mingarelli
HISTOIRE DU BLASON DE MERS-LES-BAINS

François
COPPÉE 1842-1908
Coppée fut le poète
populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue
intimistes du monde des humbles. Poète du souvenir d'une première rencontre
amoureuse (« Septembre, au ciel léger »), de la nostalgie d'une
autre existence (« Je suis un pâle enfant du vieux Paris ») ou de
la beauté du crépuscule (« Le crépuscule est triste et doux ») il
rencontra un grand succès populaire avant de tomber dans l'oubli. Les Humbles
(1872), fut le recueil le mieux connu et le plus caractéristique de ce poète.
François Coppée, celui qu’on appelle « le Poète des Humbles » avait fait de la station balnéaire de mers sa plage de prédilection. Il avait beaucoup d’attachement pour la petite cité mersoise. Issu d’une famille de condition modeste, il publie très jeune ses premiers poèmes dans diverses revues. Inféodé au Parnasse, il est très lié avec Verlaine, puis plus tard avec José Maria de Heredia. Il écrira aussi de nombreuses comédies. Venu pour la première fois en 1900, il y reviendra en 1901, puis en 1902, invité par celui qui était devenu son ami, Monsieur Houbdine. Il sera l’ami sincère du curé de Mers, Charles Levasseur, ancien missionnaire d’Afrique et collaborateur à Carthage de l’illustre cardinal Lavigerie. François Coppée reviendra encore de nombreuses fois à Mers avant sa mort en 1908.
Antoine VOLLON 1842-1908

Mersois, Antoine Vollon l'a été de 1863 jusqu'en 1882. Il occupait avec sa femme et son fils un corps de ferme en haut de la rue André Dumont. Antoine Vollon était un peintre, un maître des Natures Mortes, novateur et de haut niveau : contemporain de Chardin, il fut cité par Émile Zola lui-même. Antoine Vollon a aussi peint des paysages tréportais et des pêcheurs Mersois…
Antoine Vollon naît en 1833 à Lyon, il s'engage très vite dans une carrière artistique : après avoir appris la gravure sur métaux et fait les Beaux-arts de Lyon, il peint des paysages lors de ses moments de loisirs à la campagne.
Il maîtrise très vite la peinture à l'huile, l'eau forte, et se consacre surtout aux natures mortes.
A 26 ans, il monte à Paris, fréquente de nombreux artistes et devient l'ami d'Alexandre Dumas fils qui l'accueille dans sa maison de Puys près de Dieppe.
Antoine Vollon séjourne aussi à Trouville dont il peint la plage puis, visiblement très inspiré par les communes balnéaires, il arrive à Mers en 1863, année de son mariage.
Il y occupe avec sa femme et son fils Alexis un corps de ferme en haut de la rue André Dumont (dite “rue du Bout de la Ville”).
Antoine Vollon quittera la commune 20 ans après, en 1882, laissant sa maison à son fils.
Bien qu'aujourd'hui le nom d'Antoine Vollon ne fasse réagir que les connaisseurs, cet artiste peintre renommé de la seconde moitié du XIXe siècle a connu le succès de son vivant, après avoir bien sûr rencontré quelques difficultés. Sa toile intitulée « courge » révèlera sa capacité en tant que spécialiste des Natures Mortes.
Des toiles se trouvent en
France, à Paris (Orsay), Lyon, mais aussi Amiens, Rouen ou Dieppe qui en abrite
deux (“Femmes du Pollet à Dieppe” et “Poissons de Mer”, hélas non
exposées...).
Vollon appartenait à la
catégorie des "princes de l'art français" et a été comblé
d'honneurs officiels.
Des œuvres précieuses et sensibles
Classé dans la catégorie des pré-impressionnistes, Antoine Vollon était un artiste fougueux, très soucieux des variations de lumière : ses ciels tourmentés ont fait l'admiration de ses contemporains. Novateur et de haut niveau, contemporain de Chardin et de Courbet, Vollon fut cité par Zola lui-même. Il existait paraît-il aussi une expression : “Tout cela ne vaut pas un Vollon !”
Le Bénézit, dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs décrit Vollon comme un peintre doué et travailleur : "Il est l'un des excellents petits maîtres comme la France en a produit à toute époque (...) ses œuvres sont précieuses, sensibles, gardiennes d'une tradition."
Une (re)découverte originale
En 2001, un touriste hollandais féru d'histoire et de culture française a démontré à un bénévole du Musée des Enfants du Vieux Tréport, Jérôme Maës, qu'Antoine Vollon avait bien été propriétaire d'une maison à Mers et qu'il avait consacré une partie de son art à peindre les paysages du Tréport vus de Mers, à fixer les retours de pêche et à faire le portrait de pêcheurs locaux (il existe aussi une superbe vue des champs du plateau de Mers avec des blés et des coquelicots due à Vollon, baptisée “Champs de blés à Mers-sur-Mer”. Hélas nul ne sait où elle se trouve...).
Antoine Vollon a réalisé plusieurs vues du Tréport, dont "Le Tréport, Effets de neige", seul tableau connu de cette ville recouverte de flocons et qui se trouve désormais dans une collection privée des Pays-Bas.
Passionné par les natures mortes, Antoine Vollon a peint beaucoup de poissons. En 1868, il réalise le portrait d'un pêcheur Mersois, Pierre Plachaud (le peintre ne réalise en effet que rarement des portraits, qu'il ne destine qu'à ses amis...), puis celui de Baptiste Martin, un pêcheur du Tréport, portrait qui est présenté au Grand Salon de Paris en 1879.
En 2001 et en cherchant dans les archives du cadastre, le conseiller municipal Jean-Louis Allegrand a effectivement retrouvé trace du passage d'Antoine Vollon à Mers.
D'où l'idée de donner au tout nouveau lotissement communal le nom de cet illustre personnage : une façon de lui rendre hommage et en quelque sorte de ressusciter son œuvre à Mers-les-Bains qui l'a accueilli durant 20 ans…

Eugène
DABIT
1898 – 1936

Chaque année, M. et Mme DABIT « faisaient la saison » à la boulangerie GOIZET, rue Jules Barni où ils occupaient un petit appartement.
Le 21 septembre 1898, à midi, Madame DABIT y mit au monde un petit garçon prénommé Alphonse Eugène.
Celui-ci devint quelques années plus tard célèbre par les romans qu'il publia, tel : Hôtel du Nord dont le cinéaste Marcel CARNé fit un film qui reste un Monument du cinéma.
Qui ne se rappelle en effet, les répliques de Louis JOUVET et Arletty : « Atmosphère ? atmosphère ? Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? »
C'est en hommage à cet homme qui fit honneur à notre ville que le conseil municipal avait inauguré en 1988 la petite placette au bout de la rue Jules Barni, « Place Eugène DABIT ». La façade de la boulangerie GOIZET porte une plaque en hommage à Eugène DABIT.

Pierre
François LEFORT,
un médecin Mersois émérite
Quand on se penche sur le passé de Mers-les-Bains, une évidence s'impose : la commune a compté de nombreux brillants éléments qui ont marqué leur temps ou l'histoire, locale ou non.
Parmi eux, Pierre François Lefort, qui a vu le jour à Mers le 18 octobre 1767 : il fut baptisé le même jour en présence des témoins Charles François Deguin et Victoria Frechon, tous deux de la paroisse.
La mère de Pierre Lefort était Marie Jeanne Frechon et son père Pierre Lefort était matelot de profession.
Le jeune Pierre François voit sa vocation ecclésiastique brisée par la Révolution.
Reçu au concours de chirurgien de 3ème classe, il entre au service de la Marine en 1793 à BrestA l'âge de 26 ans en 1793, Pierre Lefort obtient un emploi de chirurgien de 3ème classe dans la marine, il embarque sur "L'Indomptable " à Brest.
Médecin de marine, il fait partie de l'héroïque équipage du “Vengeur”.
Lors de sa première campagne il assiste aux combats du 1er juin 1794 (13 prairial) lors desquels les Français pourtant inférieurs en force attaquent les anglais pour protéger un convoi de 200 navires chargés de blé et de denrées diverses, plus qu'attendus par une France en proie à la disette.
Fait prisonnier, Lefort est retenu trois ans en Angleterre, il y apprend la langue anglaise et se rend utile à ses compatriotes dans les hôpitaux des prisonniers de guerre.
Il rentre en France en 1797, et sa maîtrise de l'anglais le fait nommer Inspecteur des prisonniers Français en Angleterre. (Lire ci-contre)
Lefort fut ensuite employé dans les hôpitaux des grands ports de la marine ou sur des vaisseaux, tantôt en France, tantôt en Espagne, tantôt chargé de traiter de l'échange des prisonniers blessés ce qu'il fit en 1801 à Gibraltar, après le combat naval d'Algésiras.
Le 21 octobre 1805 et à la suite du désastre de Trafalgar, Lefort est fait prisonnier.
Renvoyé sur parole quelques mois après, il reprend son service dans les hôpitaux, se livre à des études médicales, concourt à des prix de la faculté de Médecine et est récompensé. Il est aussi reçu docteur.
En 1808 Lefort est nommé médecin en chef du premier arrondissement maritime de l'empire, il habite à Spezia puis à Gènes, où il se trouve encore en 1814.
Il est ensuite envoyé en Martinique en tant que médecin chef mais, suspecté d'attachement à Napoléon par le gouverneur de l'île, il est aussitôt exilé. Il se fixe alors à New-York où il exerce la médecine avec grand succès durant deux ans.
Puis Pierre Lefort, bientôt rappelé en France et de nouveau médecin du roi, reprend son poste à la Martinique, où un général a remplacé le gouverneur.
Il y reste jusqu'en 1826, puis fatigué par le travail et la maladie, Chevalier de la Légion d'honneur et membre de l'Académie de Médecine de Paris, il demande et obtient sa retraite.
Pierre Lefort rentre en France et fixe sa résidence à Beauvais d'abord, puis à Amiens, il va y composer des mémoires sur la non contagion de la fièvre jaune.
Il meurt le 13 Janvier 1843 à 76 ans, sa veuve anglaise Mary Ann Allen lui survivra jusqu'en 1864.
Ils reposent tous deux au cimetière de la Madeleine, or en 1983 la ville d'Amiens avait déjà repris sa concession à perpétuité.
Il ne reste probablement plus rien.Lefort
le bienfaiteur...
La fonction délicate d'Inspecteur des prisonniers Français en Angleterre démontra les sentiments profondément humains de Pierre Lefort.
Dans le port de Plymouth, au milieu des innombrables prisonniers rassemblés, croupissaient dans une ignorance et un abrutissement déplorables 800 à 1000 jeunes de 10 à 16 ans.
Lefort obtint, non sans difficulté, de séparer ces jeunes des hommes dont le contact leur était pernicieux, puis transformant leur ponton en école, il leur choisit lui-même des professeurs de grammaire, de géographie, de mathématiques, d'hydrographie ou encore de dessin.
Il acheta ensuite, à ses frais, des livres, des fournitures, le mobilier nécessaire à leur enseignement, et trouva également le temps de composer une grammaire à leur usage. Aucune de ses dépenses ne lui fut remboursée mais il eut, dans le cours de sa vie active, la satisfaction de rencontrer à différentes époques et sur différents points du globe des hommes qui, sortis de son école, lui devaient de pouvoir parcourir une honorable carrière.

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